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11 Apr 2019

Les artistes perchés

Pensée # 65

Les artistes Perchés

Installés au plus haut sommet dans leur cerveau, les perchés observent, les perchés créent. 
Sans comprendre vraiment pourquoi ni comment ils font pour retranscrire ce qu’ils ont à l’intérieur. 
Parfois, les perchés ont le sentiment de ne pas appartenir à la catégorie dite "normale".
Dirigés par l’inspiration, ils expriment leurs passions par différentes façons. Ils écrivent, peignent, sculptent, photographient, composent ou chantent. C’est ainsi qu’ils affirment, de part leur Art, une autre vision du monde. 
La désinvolture, la provocation, font partie de leur univers. Ce sont des qualités qui dérangent mais en même temps, rendent leur œuvres uniques en leur genre. 
Ils donnent l'illusion d'être tout en haut, parfois même trop haut ! Mais c’est grâce à la hauteur qu’ils prennent, que personne ne peut les atteindre vraiment.

Les terre à terre, sont une catégorie de personnes appelée aussi : « le public ».
Certains de ces derniers ne prennent pas le temps d’approfondir les talents des artistes perchés. Et c’est bien dommage ! Car ils pourraient vivre des instants de plaisirs intenses et indescriptibles. Ils comprendraient alors toute la splendeur de l’Art ainsi que la folie douce qui anime les artistes. Il leur est par ailleurs difficile d’accepter qu’autant de bizarreries puissent être en libre circulation. Il paraîtrait qu’ils aient le vertige et que c’est pour cette raison, qu’ils préfèrent ne pas tenter de se mettre au niveau des artistes perchés. Au cas où !

Un autre cercle de personnes vient compléter mon explication. Ce sont les « critiques ». Très utiles à la vie d’un artiste, les critiques attirent soit la sympathie, soit l’animosité. Mais il faut bien l’avouer, leurs objections, leurs analyses sont précieuses et constructives. Nous ne devons pas les oublier !

A l’entrée de l’univers très fermé des artistes perchés, se trouve une pancarte où est écrit leur menu préféré. 
Pour commencer en entrée, ils savourent une pointe de solitude servi sur un lit de mélancolie.
Pour suivre, il engloutissent une bonne part de source d’inspiration selon l’arrivage du moment, et apprécient le service à volonté car ils détestent être en manque. 
Pour finir en beauté, une part de tarte d’opinions acidulées accompagnée de jugements croustillants. 
Le Café ou le thé sont offerts à profusion pour faciliter la digestion du dessert parfois trop copieux.

Ah oui, j’oubliais le plus important : la collation. Composée d’une coupe d’admirateurs fidèles et surmontée d’avis aux notes douces et sucrées, elle est la meilleure des récompenses. Les artistes en raffolent ! 
C’est d’ailleurs uniquement pour elle qu’ils refusent de redescendre !

Comme un oiseau sur sa branche, les artistes vivent leur liberté d’expression à leur bon gré. 
Lorsque l’on est perché tout là haut, on voit le monde différemment. Il est si vaste, si riche, si coloré qu’il nous inspire. Il nous offre ce qu’il a de plus beau sans dire un seul mot, comme s’il nous servait ça sur un plateau ! 
Alors pourquoi s’en passer en posant un pied sur terre ?

03 Apr 2019

Dans le fauteuil de la continuité

Pensée # 64

Dans le fauteuil de la continuité

— Qu’est-ce que je fais là ? Je suis où ?
—Tu es là où tout le monde va.
—Tout le monde? Vous voulez dire, toutes les personnes de tous les pays? 
— Oui, tous, sans exception. 
— Mais, moi je ne veux pas être ici. Je veux repartir ! Renvoyez moi. s’il vous plaît. 
— C’est impossible ! C’est fini. 
— Comment ça fini ? Déjà ? 
— Oui déjà ! Mais tu étais averti, tu le savais ?
— Oui, c’est vrai, mais au fond de moi, je pensais que j’avais le temps. 
— Tu t’es trompé ! Ton temps est écoulé. 
— Mais attendez ! Je n’ai pas fait tout ce que je voulais faire ! 
— Tu avais pourtant largement de quoi pour vivre tes rêves ! Nous t’avons mis à disposition tout ce dont tu avais besoin ! Alors, pourquoi n’as tu rien fait ? 
— J’avais peur de l’inconnu, peur de l’échec, peur du regard des autres. Peur de tout perdre, et surtout peur de regretter mes choix. Alors, je disais : Un jour, j’aimerai... Si j’osais, j’irai...Plus tard, je ferai... et au final, je n’ai rien fait du tout. 
— Tu ne peux t’en prendre qu’à toi même ! Nous t’avons laissé le temps. Le temps d’une vie. À présent, elle est terminée et tu es ici indéfiniment. 
— Oh non! Non, non, non!!! Attendez ! Pitié, ce n’est pas possible ! Et si vous m’offriez une seconde vie ? Juste une, pour que je puisse réaliser mes rêves. Faites donc comme si ma première vie, n’était qu’un essai ! 
— Non, désolé, cela ne marche pas comme ça ! C’est déjà fini. Et c’est ainsi. Mais tu verras, ici, la peur n’existe pas. Seuls les regrets t’accompagneront pour l’éternité. A moins que...

...En ouvrant les yeux ce matin là, ce curieux songe révélateur, la bouleverse. Est-ce un signe venu d’ailleurs ? 
Troublée, elle se demande si elle a rêvé ou si sa deuxième vie vient de commencer. Lui aurait-on laissé une autre chance de vivre différemment avant que tout s’arrête ? 
Dans l’incertitude que cette seconde chance soit réelle, elle se promet qu’il serait bien de faire de ses rêves, sa réalité. 
À partir de cette nuit là, enfin consciente que son tour viendrait, elle changea sa vision du monde et fit de son existence une suite de souvenirs exquis. 
Après avoir rendu à la vie tout ce qu’elle lui avait prêté, elle ferma les yeux à tout jamais. 
Installée dans l’éternité sur le fauteuil de la continuité, 
elle sourit en revoyant en boucle, sur l’écran géant, les plus beaux souvenirs de toute sa vie. 
Les regrets n’ont pas eu leur place, elle les a laissé à ceux qui ont oublié qu’un jour, eux aussi seront assis là à leur tour. 
Justine César

26 Mar 2019

Le pansement

Pensee # 63

Le pansement

La chute lui avait fait très mal !!
Sa blessure invisible, cachait une plaie bien plus profonde. A l’intérieur, le cœur de Violette saignait. Son visage maquillé à la perfection qu’elle soulignait d’un sourire permanent, ne laissait rien présumer.

L’effusion de sang n’est pas la seule preuve de meurtrissure. D’autres souffrances peuvent abîmer et écorcher. Plus profondes, plus complexes, elles creusent et rongent notre âme. 
Les blessures du cœur sont les plus dures à réparer, mais il existe un remède.

Violette refusait de saigner. Cela faisait trop mal, il fallait que ça s’arrête vite !
Sa jeunesse ignorait tout du passage obligatoire vers une vie future meilleure. 
C’est ainsi qu’un samedi soir, dans une boîte, elle trouva un pansement à son cœur. Dès qu’elle l’appliqua contre elle, le baume apaisant et cicatrisant dont il était imprégné, apaisa immédiatement sa plaie. Violette pensait qu’elle avait bien fait de le choisir, lui, car il semblait avoir toutes les propriétés nécessaires pour soulager efficacement ses blessures intérieures.
Il paraissait parfait ! 
Le chagrin, s’en est allé, en quelques jours à peine. Le bonheur, la joie, l’amour, réapparurent, et Violette se croyait guéri !
Mais quelques maigres semaines plus tard, elle chuta à nouveau. La plaie se rouvrit et le mal réapparu instantanément. C’est à ce moment-là, qu’elle commença à douter de l’efficacité de son pansement. Il avait perdu son rôle de réparateur et se voyait bientôt jeté à la poubelle sans considération. Violette tenta de le garder encore un peu, puis finit par le laisser tomber tout seul. 
Elle fût très déçu car elle y croyait !
Cependant, on l’avait prévenu qu’un pansement ne servirait à rien pour soigner ce genre de lésion. Emportée par l’envie d’y croire, tournant le dos aux avertissements, elle se vanta de sa foudroyante guérison. 
Finalement, quelque peu honteuse, elle s’était ravisée. 
L’éphémère ne fait pas partie du processus de cicatrisation, et aucun pansement ne rempli aussi bien son rôle que celui du temps. 
Violette l’apprit à ses dépends.

20 Mar 2019

La fille qui n'aime pas l'hiver, au Printemps, montra le bout de son nez

Pensée # 62

La fille qui n’aime pas l’hiver, au Printemps, montra le bout de son nez

Ce sont les fleurs des amandiers qui lui ont signalé que l’hiver allait bientôt s’en aller. Toujours installée devant sa fenêtre, elle attend la fin du ballet de giboulées pour prendre l’air et venir assister à la naissance des nouvelles feuilles du jeune bouleau. Les bourgeons encore fermés de son arbre préféré, espèrent que les douces températures vont bientôt venir les caresser. Ainsi, ils écloront volontiers et apporteront une ombre légère, à la fille qui n’aime pas l’hiver. Elle s’allongera alors à son pied, et lui murmurera combien il lui a manqué. 
A l’idée de lui confier ses secrets, elle sourit de nouveau à la vie. Son cœur bat enfin comme il le faisait si bien, avant la saison dernière. 
Vingt mars. 
Elle ouvre la porte. Il fait encore bien frais, mais ça y est, le printemps renaît ! 
Le jour se lève plus tôt et sort du nid les oiseaux fin prêts à parader. 
Les babils, les gazouillis, les envolées éparpillées, promettent peu de silences et de belles journées animées. 
La nature endormie a terminée sa nuit et prépare son entrée en beauté. Et c’est au bras du Soleil qu’elle fera sa plus belle arrivée ! 
La fille qui n’aime pas l’hiver a retrouvé sa bonne humeur. Au milieu du jardin, un bouton de rose rouge s’est invité, il lui offre sa plus belle couleur. Celui de l’amour, celui du bonheur retrouvé.

Justine César

09 Mar 2019

Se cacher encore

 

Pensée # 61

 

Se cacher encore...

 

Dans le tiroir d’un vieux meuble en bois piqué, la haut dans le grenier, une lettre au papier jaunie, dormait. Personne semble ne l’avoir jamais lu. Elle est restée là, des années et était adressée à un certain Antoine. 

 

Tu souviens-tu de cet après-midi là, dans ta voiture neuve ?

C’était l’été 1939. Il faisait si chaud que tu avais voulu te garer à l’ombre de ce bel amandier, au bout du chemin qui menait nulle part. J’étais libre, j’étais jeune. Et toi, tu étais à la veille de l’épouser. Je m’en moquais! Je t’aimais. 

Tu avais posé ta main sur ma cuisse ferme et je m’étais laissé faire. 

C’était ma toute première fois, je ne pourrais jamais l’oublier. 

Cachés du reste du monde, dans ta berline bleu ciel, tu m’avais donné de tendres baisers, d’exquises caresses, j’avais perdu la tête durant quelques secondes. 

La délicatesse avait touché mon âme et mon corps se révéla femme. Je t’aimais soudain plus que ma vie. 

 

Insouciants, oubliant les conséquences, nous avions abandonné la Juvaquatre pour fuir main dans la main, loin de tous, loin de tout. Nous étions un peu fous ! 

C’était il y a bien longtemps ! Il y a 80 ans ! 

Tu vois, je n’ai rien oublié. Alors, avant de fermer les yeux à tout jamais, je t’écris sur ce morceau de papier, parce que je veux que tu saches...

Mon amour, j’ai retrouvé la voiture. Je suis retourné là où tu l’avais garé, sous l’amandier.  Elle a quelque peu changé. Le temps l’a usé, défiguré, rouillé. Je l’ai caressé de mes mains ridées, puis j’ai laissé mes yeux pleurer et m’en suis allé le cœur plus léger. 

J’emporte avec moi le souvenir de ce jeudi d’été car il fût le plus bel instant volé, de toute ma vie. 

Comme nous l’avions fait à l’époque, je crois que la vieille Renault essaye de se cacher encore... 

Notre amour ne sera donc jamais mort.

 

 

                                                                                                    Joséphine 

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08 Mar 2019

Journée de la femme.

Il fallait bien définir un jour pour leur rendre hommage.

8 mars

28 Feb 2019

Appelons là, Madame la farfelue

Pensée # 60

Appelons là, Madame la Farfelue.

Madame la langue française est une dame farfelue.
Elle ne sort jamais sans une belle plume et souligne son regard d’une belle encre noire. 
Elle porte toujours sur elle quelques ponctuations assorties et de jolies règles d’orthographe et de grammaire. Parfois dérangeantes, ces dernières sont incontournables et lui vont à ravir ! 
Sa subtilité lui donne un style et une beauté uniques au monde. 
Madame est élégante, distinguée et capricieuse. Mais malgré tout, elle accepte volontiers de se coucher entre des lignes bien espacées. 
Elle adore être traitée avec respect et déteste les abréviations et autres malfaçons modernes. Cependant, elle devient tolérante lorsque son amie la poésie, s’invite dans sa vie. Elle laisse alors passer les coquilles éparpillées provenant d’un cœur inspiré.
Oui, il est vrai qu’elle est farfelue et compliquée. 
C’est une grande dame ne l’oublions pas !
                                                                                         
                                                                                       JCA

26 Feb 2019

Inspirez moi!

Inspirez-moi!

18 Feb 2019

L’amour est magique

Pensée # 59

L’amour est magique 

Le vendeur de brocolis avait fait l’amour à la coiffeuse de la rue d’à côté.
Elle n’avait pas pu se retenir de rire lorsqu’il posa sa bouche sur la sienne et qu’elle sentit ses baisers parfumés. 
Il s’était plaint lui aussi de la forte odeur d’ammoniaque émanant des cheveux fraîchement colorés de sa dulcinée. Cependant, lui, ne s’était pas moqué pour autant...
L’amour était là, et comme un filtre à odeurs tenaces, il les a dissout le temps d’un instant, afin de laisser la magie opérer.

L’amour est magique ❣️

14 Feb 2019

Saint Valentin

un mot d'amour écris sur une feuille d'écolier... Et le tour est joué!

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